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Publié par "La Voix du Nord" - Chantal David | Publié le 12/03/2020


Un homme de 46 ans, obsédé par le drame du meurtre d’Angélique en avril 2018, était jugé ce jeudi à Lille pour avoir harcelé la sœur de la jeune victime.





Dès la découverte du corps d’Angélique, Me Audrey Jankielewicz, avocate de la famille, avait prévenu les proches de ce que « de tels drames réveillent parfois les pires instincts ».


Ce jeudi matin, à l’audience de juge unique, au tribunal de Lille, l’avocate est partie civile dans le procès d’Olivier Pietri, jugé pour avoir envoyé des messages malveillants à la sœur d’Angélique, entre le 28 janvier et le 7 février 2019. D’abord via la page Facebook de l’association Le sourire d’Angélique, puis directement sur son compte.


Déjà jugé pour tentative d’enlèvement

Olivier Pietri a un profil particulier. Condamné vingt fois, il avait été surnommé « l’arnaqueur de majorettes ». Son dernier passage devant le tribunal de Lille date de 2015, pour tentative d’enlèvement d’une jeune fille.


Il semble obsédé par l’affaire Angélique. Les policiers trouveront chez lui l’avis de disparition, les coordonnées de la famille et de leur avocate… L’homme affirme avoir été témoin du drame. C’est ce qu’il écrit à la sœur d’Angélique avec moult détails, que le procureur Franck Charon qualifiera à l’audience de « glauques et crus ». Le juge Marc Chemin avait tenté : « Vous ne pensez pas que vos explications ne pouvaient que la terroriser ? » La réponse est glaçante : « Je voulais qu’elle connaisse toute la vérité. »


« Le caractère malveillant est évident et important, plaidera Me Jankielewicz. Peu importe que ce monsieur nous mente ou se mente, ce qui compte, c’est l’effet. Trente-neuf messages en une journée. Il appelle ma cliente par son prénom. Il lui écrit qu’il l’a croisée au Mc Do… Elle est clairement ciblée. »


« Chaque message est un stratagème pour rencontrer la sœur d’Angélique »

Karine Six, présidente de l’association, a aussi eu affaire à Olivier Pietri, qui l’a d’abord contactée sur sa page personnelle. Elle empêchera un rendez-vous donné à la sœur d’Angélique par Olivier Pietri. Elle décèle l’imposture, derrière des messages sous le nom d’une adolescente.


Au moment de requérir, Franck Charon évoquera « un fil ininterrompu depuis mai 2018, où chaque message est un stratagème pour rencontrer la sœur d’Angélique ». En défense, Me Julien Laurent plaide la relaxe : « Pour le condamner, il faut une volonté de nuire qui n’est pas démontrée. Ses messages maladroits sont ceux d’un homme solitaire qui cherchait de la reconnaissance. »


Le procureur a requis deux ans de prison dont quinze mois assortis de sursis et mise à l’épreuve avec une interdiction de contacter la sœur d’Angélique. Le tribunal rendra sa décision le 9 avril.

Le 25 avril 2018, Angélique Six, 13 ans, disparaissait du quartier de l’Agrippin à Wambrechies. Trois jours plus tard, un voisin de 45 ans avouait le viol et le meurtre de l’adolescente. Et depuis ?… « Instruction du dossier en cours ». Pour Me Audrey Jankielewicz, avocate des parents et de la sœur d’Angélique, cette lenteur de la justice est injustifiée et inacceptable.


Publié par "La Voix du Nord" - Chantal David | 24/04/2020 18h29



Me Audrey Jankielewicz, avocate au barreau de Lille, ici, avec Corinne Six, la maman d'Angélique, et Anaïs, la soeur aînée accompagne la famille depuis deux ans PHOTO ARCHIVES PHILIPPE PAUCHET - VDNPQR


Deux ans après la mise en examen de David Ramault pour « séquestration, viol et meurtre d’une mineure de moins de quinze ans », pourquoi n’y a-t-il toujours pas de procès en vue ?

« L’instruction est toujours en cours. Car bloquée dans l’attente du retour, chez la juge, d’une commission rogatoire. C’est terrible car c’est simplement une collecte d’éléments existants, facile et rapide, qui ne justifie pas ce délai. Quand ces actes seront transmis, le juge pourra enfin clôturer l’instruction. Toutes les parties ont ensuite un mois pour demander des actes supplémentaires. Au terme de ce délai, le parquet rendra son réquisitoire définitif. Le juge a alors quinze jours pour rendre l’ordonnance de mise en accusation. Et ensuite seulement, on pourra avoir une date pour le procès. »

Lors de sa conférence de presse au lendemain de l’arrestation de l’accusé, le procureur de la République de Lille, Thierry Poquet du Haut-Jussé, avait affirmé que l’enquête irait vite…

« Le procureur avait effectivement dit que cette affaire serait traitée en priorité mais pas du tout. Et c’est assez incompréhensible car l’accusé s’est expliqué rapidement. Il a pourtant fallu un an pour l’entendre. Son expertise psychologique qui avait été ordonnée en mai 2018, n’est rentrée dans le dossier qu’en janvier 2020. L’expert l’avait faite rapidement mais simplement il ne l’avait pas renvoyée. La loi dit qu’un dossier criminel doit être traité dans les dix-huit mois. On a une justice qui s’habitue à des délais longs et ce n’est pas acceptable. J’ai écrit à la juge, en janvier dernier, pour dire que la longueur de cette instruction est injustifiée et inacceptable. Je n’ai pas eu de réponse. »


Quelles conséquences cette longue attente a-t-elle sur les parents et la sœur de la victime ?

« Ce retard rend leur deuil encore plus compliqué. Chaque nouvel acte d’expertise, qui allonge l’attente, suspend le processus de deuil. Chaque annonce de résultat ravive la douleur. Ils essaient de reprendre leur vie, avec l’aide précieuse de l’association Le sourire d’Angélique. Ce sont des gens qui avaient une grande confiance dans le procureur et la juge qui les avaient reçus. Ils sont déçus. Ils ne comprennent pas. Cela a fait un an, puis maintenant deux… À chaque anniversaire, leur crainte, c’est qu’on oublie Angélique. »


Qu’attendent les parents du procès ?

« Ce sont des gens tellement respectueux des autres, qu’ils ne sont pas dans la haine. Ils veulent qu’après ce drame, on trouve des solutions pour éviter que d’autres petites filles subissent le même sort. Ils espèrent que l’accusé cessera de se positionner en victime, qu’il donnera aussi les explications qui leur manquent. L’accusé dit qu’il ne se souvient pas de ce qu’il a fait du portable d’Angélique. La maman voudrait tellement le récupérer. Il contient les derniers sms, les dernières photos de sa fille. Les parents veulent surtout savoir pourquoi l’accusé s’en est pris à Angélique. Pourquoi elle ? »




Me Julien Delarue, avocat lillois, bataille pour obtenir une suspension de peine pour un détenu incarcéré à Annœullin. L’homme de 57 ans est cardiaque, diabétique et malade du Covid. La famille, dit-il, n’obtient aucune nouvelle.


Publié par "La Voix du Nord" - Chantal David | 15/04/2020


Le 31 mars, Me Julien Delarue demande un aménagement de peine, pour raisons sanitaires, de Jean-François L.. L’homme âgé de 57 ans a purgé la moitié des quatorze mois de sa condamnation pour un vol avec violences. Enfin pas tout à fait… Jean-François L. est « aménageable » le 10 avril. Alors, en attendant, le parquet s’oppose. Jean-François L. reste incarcéré à Annœullin.


Entre détresse et colère.

 

Me Delarue vient de faire une nouvelle requête en urgence. Ce mardi 14 avril, il a demandé une suspension de peine pour raisons sanitaires. L’avocat estime que son client est en danger. Jean François L. a des problèmes cardiaques, souffre d’un diabète grave. Et… vient de contracter le Covid 19.

En prison, il a d’abord été placé à l’isolement, il est maintenant pris en charge par le SMPR, unité de soins du centre pénitentiaire.« Mon client appartient à la communauté des gens du voyage qui se déplacent sans cesse n’a pas de médecin traitant. On fait comment ? »


« Il a eu droit à un coup de fil pour prévenir sa famille et puis plus rien… » s’indigne Me Delarue, confronté à la détresse d’une famille, qui, depuis, cinq jours, n’a aucune nouvelle. L’avocat a, de son côté tenté d’en obtenir. L’administration pénitentiaire a répondu que les informations sur l’état de santé du détenu devaient obligatoirement transiter par le médecin traitant. « Or mon client qui appartient à la communauté des gens du voyage qui se déplacent sans cesse n’a pas de médecin traitant. On fait comment ? » L’avocat se dit choqué par ce silence, faisant le parallèle avec le personnel hospitalier qui, à l’extérieur des prisons, renseigne les familles par téléphone. Il a proposé de servir d’intermédiaire. La réponse est en suspens.


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