LES ACTUALITÉS


Article publié par "La Voix du Nord" le 19/11/2019.


C’est une affaire vieille de 4 ans qui a atterri ce mardi au tribunal correctionnel. En cause, un texte publié dans « La Tribune » signé par le groupe frontiste, qui a profondément blessé la jeune élue LR Sophie Lefevre. Gérard Caudron a comparu en tant que directeur de publication.


Virginie Boulet | 19/11/2019


Gérard Caudron a comparu ce mardi en tant que directeur de publication, mais le texte litigieux paru dans la tribune a été rédigé par le parti frontiste. - VDN


Le texte en question a été publié dans La Tribune de novembre 2015. Le groupe frontiste y avait exposé la décision prise par Sophie Lefebvre. Partie huit mois au Canada pour ses études, elle avait souhaité garder son mandat d’élu, mais estimant que comme elle n’exercerait pas pleinement sa fonction, elle avait annoncé qu’elle reverserait ses indemnités (200 euros par mois) à la ligue contre le cancer.


Une telle décision est-elle légale ? Et surtout, le bon sens ne justifierait-il pas qu’on suspende le versement de ces indemnités ? Ce sont les questions que se posait le groupe frontiste dans l’encart qui lui est réservé en toute fin de journal municipal, dans le cadre de l’expression libre des partis politiques. Le texte était précis, étayé de textes de loi, mais le titre nettement plus accrocheur : « Notre commune ne doit pas, implicitement, financer les études d’une conseillère municipale ! ». C’est ce titre, davantage que le corps du texte, qui est resté en travers de la gorge de l’étudiante. En janvier 2016, elle avait déposé plainte pour diffamation contre Gérard Caudron. Il y a un an, le maire avait reçu une ordonnance de non-lieu, mais Sophie Lefebvre avait interjeté appel, et obtenu gain de cause en février 2018. Et voilà pourquoi, un an et dix mois après, tout ce petit monde s’est retrouvé à la barre du tribunal correctionnel ! Détail cocasse : lors du conseil municipal qui avait suivi la publication du texte litigieux, Gérard Caudron avait pris la défense de Sophie Lefebvre…


Délibéré le 7 janvier

La présidente du tribunal a d’abord demandé au maire comment est gérée la publication des textes envoyés par les partis politiques. « Chaque texte est transmis à tous les groupes, et retourné à l’expéditeur en cas de souci manifeste, a expliqué Gérard Caudron. Mais en général, je les survole, au nom de la liberté d’expression. Et puis comme souvent ils m’attaquent, je n’ai pas envie de me faire mal ! ». En tout cas, le texte en question, lui, n’est pas passé par la phase relecture, à cause d’un bug. Ce qu’ont déploré les deux avocats de la partie civile. Mes Patrick Lambert et Nicolas Papiachvili ont invité le maire à une plus grande vigilance, mais aussi pourfendu l’étendard de la sacro-sainte liberté d’expression, arguant du fait que Gérard Caudron avait reconnu avoir déjà recadré les auteurs de textes « quand ils y vont un peu fort ».


« La vérité, c’est que c’est Gérard Caudron qui aurait dû déposer plainte, au vu du titre ! », a lancé l’un de ses avocats, Julien Delarue. Alors, diffamation ou pas ? Réponse le 7 janvier.

Article publié par "La Voix du Nord" le 18/10/2019.


Pendant plusieurs années, une société parisienne proposait à des entreprises de se développer à l’international. Depuis, le patron de France Offshore a été condamné, soupçonné de favoriser l’évasion fiscale. Parmi ses clients, un Lillois et un Belge.


Lakhdar Belaïd | 18/10/2019


« Ces deux personnes faisaient de la fraude fiscale à l’insu de leur plein gré ». La remarque, teintée d’ironie, est signée Xavier Normand-Bodard. En juin dernier, cet avocat parisien chargé de la défense des intérêts de l’État bataillait contre un certain Patrick Balkany, le maire de Levallois-Perret aujourd’hui incarcéré.


Les deux hommes maintenant pointés du doigt sont des pros de la tuyauterie et de la robinetterie industrielle.

L’un vit en Belgique, l’autre est installé au Portugal après avoir longtemps résidé boulevard Jean-Baptiste-Lebas, à Lille. Ces entrepreneurs assurent avoir pris contact, en 2008, avec France Offshore dans le seul but de se développer à l’international.

« Nous avions entendu parler de France Offshore par des magazines ».


En juillet 2017, Nadav Bensoussan, le patron de France Offshore, soupçonné de favoriser l’évasion fiscale, sera condamné à cinq ans de prison, dont trois avec sursis et mise à l’épreuve. Le Lillois, 48 ans aujourd’hui, et le Belge, 51 ans, seront atteints par ricochet. « Nous avions entendu parler de France Offshore par des magazines », explique l’un. Autre argument : « Elle avait ses locaux dans les beaux quartiers de Paris ». « Il n’est pas illégal de créer des sociétés offshore, rappelle Me Normand-Bodard. C’est même encouragé, à condition d’en déclarer les revenus. »


Combine par société écran ?

En clair, si l’enrichissement d’une entreprise, et donc de son pays via l’impôt, passe par une extension de l’activité à l’étranger, banco ! Ici, une structure créée à Hong Kong recevra pendant quatre ans des sommes de l’entreprise lilloise, un argent ensuite versé sur un compte ouvert dans une banque en Lettonie. « Le bénéfice de l’entreprise hongkongaise a été dépensé en cartes bancaires, s’étonne le procureur Michaël Bonnet. Pourquoi ? » « À Hong Kong, il n’y a qu’une boîte aux lettres, poursuit le président Jean-Marc Defossez. Pas d’entrepôt, pas de commerciaux. Rien ! » Les deux prévenus, défendus par Stefan Squillaci et Julien Delarue, maintiennent avoir voulu se « rapprocher de fournisseurs ».


700 000 euros exfiltrés

Pour le procureur, comme aux yeux de Me Normand-Bodard, il y a eu création d’une « société écran, une coquille vide, ayant pour but d’absorber la marge d’une entreprise pour ensuite la reverser à ses deux patrons » en évitant de payer l’impôt.

Autour de 700 000 € auraient ainsi été exfiltrés de 2008 à 2012. « La partie visible de l’iceberg », soupçonne un spécialiste. Le parquet réclamera, contre chacun des suspects, dix-huit mois de prison avec incarcération immédiate. Délibéré le 24 octobre.

Article publié par "Le Parisien", le 27/04/2019


Un an après la mort d’Angélique Six, 13 ans, violée et tuée à Wambrechies (Nord) par un récidiviste, la mère et la soeur se confient.



Lille, le 26 avril. Un an apres le meurtre d'Angelique, Corinne Six, sa maman, et Anais Six, sa soeur d'Angelique, ont accepté de se confier. LP/Pascale Égré


Par Pascale Égré

Le 27 avril 2019 à 21h41


Leur douleur se niche dans ces phrases suspendues. Dans les larmes qui coulent, muettes, quand il s'agit d'évoquer l'absence. Le 25 avril 2018, leur fille et petite sœur, Angélique Six, 13 ans, enfant de Wambrechies (Nord), disparaissait. L'effroi. Les vaines recherches. Puis l'horreur. Le corps sans vie retrouvé dans un bois. Violé et meurtri.

Très vite, la police arrête un voisin, David Ramault, un père de famille de 45 ans. Insoupçonnable et pourtant. Il est un homme au lourd passé judiciaire, déjà condamné pour viol sur mineure vingt-deux ans auparavant. En garde à vue, il avoue. Tout. En détail.

Un an après, Corinne Six, 53 ans, la maman d'Angélique, et Anaïs, 22 ans, son aînée, ont accepté de se confier. Le père, Frédéric, n'a pu venir mais leur parole vaut pour les trois tant ils s'expriment « à l'unisson », relève leur avocate Me Audrey Jankielewicz. La rencontre se déroule dans son cabinet, à Lille. Ce même après-midi, sait-on, David Ramault, incarcéré à l'isolement depuis le 28 avril 2018, doit être entendu sur les faits par les juges d'instruction – son premier interrogatoire au fond. Mis en examen pour séquestration, viol et meurtre sur mineure de 15 ans, ce père de famille de 46 ans, chauffeur de bus, avait déjà été condamné pour viol avec arme sur mineure en 1996.

«Ils veulent savoir»

L'avocate confirme et déplore : « Un an après, compte tenu de l'engagement initial du procureur de la République de Lille à ce que l'enquête avance vite, c'est extrêmement long. Et eux attendent. Ils veulent savoir, à la seconde près, comment cela s'est passé. Comment Angélique est partie. Ce qu'elle a vu en dernier… » Elle souligne : « Il n'y aura que sa version, et on le sait depuis le début. Et c'est pour cela qu'il était important qu'il soit interrogé vite. » Corinne et Anaïs Six acquiescent : « On attend. Et ça fait long. » Voici leurs mots.


Comment vous portez-vous ?

CORINNE ET ANAÏS SIX. « On vit au jour le jour. On est resté là où l'on vivait, dans notre quartier. On nous a proposé de déménager mais nous avons dit non, par choix. Il y a tous les souvenirs… Il y a les voisins, les amis… On est toujours très soutenus.


Pourquoi prendre la parole ?

Parce qu'il ne faut pas oublier Angélique. Parce que la justice est lente. Parce qu'il faut que les lois changent, en ce qui concerne la récidive des délinquants sexuels. Il y a des disparitions tous les jours, Angélique n'était pas la première et ne sera pas la dernière. Il faut que les choses bougent. Il faut plus de suivi après une condamnation. Et pas seulement une obligation de confirmer une adresse pour un fichier une fois par an.


Personne, à Wambrechies, ne connaissait le passé de David Ramault ?

Non. Sinon on aurait fait beaucoup plus attention… Au moins il serait bien que les autorités locales soient informées. Le maire, les écoles… À son travail aussi (NDLR : de chauffeur de bus), qu'un casier judiciaire soit demandé. Parce qu'il transportait des enfants. Sa femme faisait partie de l'association de l'école et parfois il aidait. Des personnes comme ça, il ne faut pas qu'elles s'approchent des enfants. Et ça il faut que ça change.


C'est à la télévision, en écoutant une conférence de presse du procureur, que vous aviez appris les circonstances de la mort d'Angélique…

Oui, à la télévision, tout… Nous l'avons très mal pris. Ce qui nous a choqués surtout, ce sont les détails… Plus tard, le procureur nous a reçus. Il s'est excusé, il pensait que la police était venue, c'était ce qui était convenu. Il ne savait pas que nous n'étions pas au courant.


La publication d'extraits d'une lettre de David Ramault à son avocat vous a également bouleversés…

Oui. C'est paru le jour de la fête des mères. Nous n'avons pas compris. Était-ce fait exprès pour nous toucher ? Pourquoi son avocat laisse sortir ça, qui l'enfonce ? Il dit qu'il a hésité « entre l'eau et le feu » (NDLR : pour faire disparaître le corps). Ça, ça reste gravé. Ce qu'il a dans la tête, c'est encore pire que ce qu'on imaginait.


L'enquête vous a-t-elle apporté des réponses ? Sur son absence de récidive, a priori, durant vingt-deux ans notamment ?

Sur ce point pour l'instant non. Sinon oui, nous avons eu quelques réponses, surtout sur qui il était… Mais nous attendons plus. Il a raconté le pire, mais il y a des choses qu'il ne dit pas. Nous ne savons toujours pas où sont les affaires d'Angélique, ses vêtements, son téléphone portable. Son téléphone, on aimerait bien le récupérer. Il y avait sa vie dedans, des petites vidéos avec ses copines, tout ça. Il va aussi y avoir une reconstitution. On sait que ça va être compliqué de l'avoir en face de nous.


Quand avez-vous su qu'il était le suspect ?

Anaïs. Quand j'étais à la PJ le 29 avril au matin. Je l'ai reconnu. Je me suis écroulée. On pensait à un inconnu. Pas à un voisin qui avait habité des années dans le même immeuble. Il était simple, normal, il sortait au parc avec ses enfants… Il cachait bien son jeu.


Comment avez-vous réagi quand sa femme s'est constituée partie civile (NDLR : ce qui a été rejeté) ?

Corinne. J'étais en colère. Pour moi, elle était au courant de son passé. Elle savait où elle mettait les pieds. Elle n'a perdu personne! Elle ne peut pas se mettre à ma place. J'ai perdu ma fille! Elle perdrait un enfant, elle saurait. Surtout… La violence…


Voulez-vous dire quelques mots d'Angélique ?

Angélique, c'était la joie de vivre. Un sourire. Elle avait toujours besoin de nous… Un câlin, un bisou… C'est pour ça qu'on a su tout de suite que ce n'était pas une fugue. On a senti tout de suite que quelque chose n'allait pas… Notre vie a changé complètement. Il y a un vide. Toute notre vie on aura ce vide.


Un procès se tiendra, qu'en espérez-vous ?

Pour l'instant, il n'est que « présumé ». Nous voulons qu'il soit coupable et condamné. Qu'il paye pour ce qu'il a fait.


Une émotion toujours très vive

À Wambrechies (Nord), l'émotion reste très vive. À la demande de ses parents et de sa sœur, une marche d'hommage est organisée ce dimanche depuis leur quartier de l'Agrippin jusqu'au cimetière. Mercredi, le square où elle jouait tant et où David Ramault l'a convaincue de le suivre, sera rebaptisé de son nom. La solidarité autour de la famille, implantée dans cette commune depuis des générations, reste forte. Une association (le sourire d'Angélique) s'est créée, pour relayer leur souhait : « Faire changer les lois sur la récidive. »

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