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Deux ans après le meurtre d’Angélique Six à Wambrechies, la lenteur de la justice est «inacceptable»

Le 25 avril 2018, Angélique Six, 13 ans, disparaissait du quartier de l’Agrippin à Wambrechies. Trois jours plus tard, un voisin de 45 ans avouait le viol et le meurtre de l’adolescente. Et depuis ?… « Instruction du dossier en cours ». Pour Me Audrey Jankielewicz, avocate des parents et de la sœur d’Angélique, cette lenteur de la justice est injustifiée et inacceptable.


Publié par "La Voix du Nord" - Chantal David | 24/04/2020 18h29



Me Audrey Jankielewicz, avocate au barreau de Lille, ici, avec Corinne Six, la maman d'Angélique, et Anaïs, la soeur aînée accompagne la famille depuis deux ans PHOTO ARCHIVES PHILIPPE PAUCHET - VDNPQR


Deux ans après la mise en examen de David Ramault pour « séquestration, viol et meurtre d’une mineure de moins de quinze ans », pourquoi n’y a-t-il toujours pas de procès en vue ?

« L’instruction est toujours en cours. Car bloquée dans l’attente du retour, chez la juge, d’une commission rogatoire. C’est terrible car c’est simplement une collecte d’éléments existants, facile et rapide, qui ne justifie pas ce délai. Quand ces actes seront transmis, le juge pourra enfin clôturer l’instruction. Toutes les parties ont ensuite un mois pour demander des actes supplémentaires. Au terme de ce délai, le parquet rendra son réquisitoire définitif. Le juge a alors quinze jours pour rendre l’ordonnance de mise en accusation. Et ensuite seulement, on pourra avoir une date pour le procès. »

Lors de sa conférence de presse au lendemain de l’arrestation de l’accusé, le procureur de la République de Lille, Thierry Poquet du Haut-Jussé, avait affirmé que l’enquête irait vite…

« Le procureur avait effectivement dit que cette affaire serait traitée en priorité mais pas du tout. Et c’est assez incompréhensible car l’accusé s’est expliqué rapidement. Il a pourtant fallu un an pour l’entendre. Son expertise psychologique qui avait été ordonnée en mai 2018, n’est rentrée dans le dossier qu’en janvier 2020. L’expert l’avait faite rapidement mais simplement il ne l’avait pas renvoyée. La loi dit qu’un dossier criminel doit être traité dans les dix-huit mois. On a une justice qui s’habitue à des délais longs et ce n’est pas acceptable. J’ai écrit à la juge, en janvier dernier, pour dire que la longueur de cette instruction est injustifiée et inacceptable. Je n’ai pas eu de réponse. »


Quelles conséquences cette longue attente a-t-elle sur les parents et la sœur de la victime ?

« Ce retard rend leur deuil encore plus compliqué. Chaque nouvel acte d’expertise, qui allonge l’attente, suspend le processus de deuil. Chaque annonce de résultat ravive la douleur. Ils essaient de reprendre leur vie, avec l’aide précieuse de l’association Le sourire d’Angélique. Ce sont des gens qui avaient une grande confiance dans le procureur et la juge qui les avaient reçus. Ils sont déçus. Ils ne comprennent pas. Cela a fait un an, puis maintenant deux… À chaque anniversaire, leur crainte, c’est qu’on oublie Angélique. »


Qu’attendent les parents du procès ?

« Ce sont des gens tellement respectueux des autres, qu’ils ne sont pas dans la haine. Ils veulent qu’après ce drame, on trouve des solutions pour éviter que d’autres petites filles subissent le même sort. Ils espèrent que l’accusé cessera de se positionner en victime, qu’il donnera aussi les explications qui leur manquent. L’accusé dit qu’il ne se souvient pas de ce qu’il a fait du portable d’Angélique. La maman voudrait tellement le récupérer. Il contient les derniers sms, les dernières photos de sa fille. Les parents veulent surtout savoir pourquoi l’accusé s’en est pris à Angélique. Pourquoi elle ? »

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