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Jugés à Douai pour un braquage à Lille-Fives en 2007, deux accusés acquittés

Après deux heures de délibéré, les avocats de la défense ont emporté la conviction de la Cour et des jurés. Les deux hommes, jugés par la cour d’assises du Nord pour un braquage à la voiture bélier dans une Caisse d’Épargne, le 31 mai 2007 à Lille-Fives, ont été acquittés.


La Voix du Nord - Chantal David | 12/02/2020





L’avocate générale Frédérique Dubost avait requis trois et cinq ans de prison. « Des peines de correctionnelle ». Parce que les faits sont anciens mais surtout parce que le tribunal correctionnel avait été la première orientation judiciaire du dossier. En 2012, au moment de l’audience devant la 6e chambre correctionnelle de Lille, l’avocat de la Caisse d’Épargne, partie civile, avait alors demandé la criminalisation.


Ce mercredi matin, devant la cour d’assises du Nord, Me Francis Deffrennes justifie encore ce choix, au début de sa plaidoirie : « En 2007 , il y avait un vol par mois à la voiture bélier. Notre volonté était d’éviter la banalisation de braquages dans lesquels, comme ici, les malfaiteurs avaient des armes de guerre ». Mais, ajoute l’avocat, « on n’a jamais pensé que ce dossier serait jugé près de treize ans plus tard ».


Effectivement, ce qui était jugé cette semaine à Douai n’est pas loin du fiasco : les parties civiles se sont découragées, les témoins n’ont plus de souvenirs ou n’ont pas répondu à leur convocation. Et puis… « Ce dossier n’est pas un modèle de construction au niveau de l’enquête », conviendra l’avocate générale. Deux hommes ont été accusés alors que la participation de cinq était évoquée dans le braquage.


« Dans ce dossier, il n’y a rien mais face au rien, la justice n’a pas su s’arrêter »

À l’issue du procès, les deux mis en cause sont soulagés. Hakim Aissati est soucieux que tout le monde sache que, comme il l’a toujours dit, il n’a rien à voir avec ce braquage. En treize ans de procédure, le Roubaisien a énormément perdu sur le plan personnel. De son côté, Rabah D. ne souhaite que l’oubli dans l’anonymat.


Ce mercredi matin, l’Avocate générale, avait considéré que tous deux pouvaient être condamnés « grâce à la présence d’indices concordants ». Pour la magistrate, il n’y avait pas de hasard dans l’empreinte ADN de l’un, sur un briquet ramassé au pied de la voiture bélier, et l’ADN de l’autre, relevé sur le scotch des fausses plaques du véhicule.


Les avocats de la défense ont alors bondi. « On fait tourner la machine à impressions. Les indices, c’est au stade de l’enquête, pas au moment du jugement. L’ADN parle mais il ne dit rien », attaquera Me Julien Delarue. Me Quentin Lebas déplore l’absence d’enquête : « Pa s d’étude de téléphonie, pas de prélèvement dans la voiture… ». Il rappelle aussi que les deux accusés avaient été remis en liberté au terme de leur garde à vue : « Comme si au fond personne n’y croyait vraiment ». L’avocat donne sa conviction : « Dans ce dossier, il n’y a rien mais face au rien, la justice n’a pas su s’arrêter. Il y a un moment où ça suffit ».

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